Quand vers ton front pensif le nocturne silence
Monte des horizons d'or pâle et de carmin,
Tout entière aux splendeurs du rêve surhumain
Que l'astre aux yeux d'argent sur nos têtes balance,
N'entends-tu pas la voix qui de mon cœur s'élance
Et mes baisers furtifs sangloter sur ta main
Et mon sang, goutte à goutte, arroser ton chemin,
Comme le sang qui perle au fer nu d'une lance ?
L'immensité m'est-elle, à ce point, sans pitié
Que mon âme vers toi s'en aille, par moitié,
L'autre ne me restant que pour souffrir et vivre,
Sans même qu'à la tienne un écho fraternel
Vienne conter tout bas mon tourment éternel
Et que je vais mourir du mal dont je m'enivre !