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1882

XVIII

Armand SILVESTRE

Quand vers ton front pensif le nocturne silence Monte des horizons d'or pâle et de carmin, Tout entière aux splendeurs du rêve surhumain Que l'astre aux yeux d'argent sur nos têtes balance,

N'entends-tu pas la voix qui de mon cœur s'élance Et mes baisers furtifs sangloter sur ta main Et mon sang, goutte à goutte, arroser ton chemin, Comme le sang qui perle au fer nu d'une lance ?

L'immensité m'est-elle, à ce point, sans pitié Que mon âme vers toi s'en aille, par moitié, L'autre ne me restant que pour souffrir et vivre, Sans même qu'à la tienne un écho fraternel

Vienne conter tout bas mon tourment éternel Et que je vais mourir du mal dont je m'enivre !

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XVIII · Armand SILVESTRE · Poetry Cove