Skip to content
1882

XVII

Armand SILVESTRE

Le Rêve est un ami pitoyable aux amants Qu'a trahis l'espérance et qu'a meurtris la vie. Par lui, l'image douce à mes regards ravie Est quelquefois rendue à mes enchantements.

Il réveille le chœur oublié des serments Et ramène celui des heures qu'on envie, Baignant de ses clartés Celle par nous servie, Comme un ostensoir d'or plein de rayonnements !

Heureux qui peut goûter quelque ivresse à ce leurre. Moi, plus désespéré, l'amour dont je te pleure Repousse loin de moi les mensonges du ciel. Quand ta pitié rapide à mon exil fait trêve,

Je te revois toujours plus belle que mon Rêve Et son néant, par là, m'est rendu plus cruel !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.