Fuyant le ciel menteur des espérances vaines,
Mes jours coulent, muets et lents comme un Léthé.
Un sort inexorable a fait de ta Beauté
La mer vers qui s'en va tout le sang de mes veines.
Sous l'or des Paradis et l'ombre des géhennes,
Il court indifférent, vers toi seule emporté,
Roulant comme un torrent par les vents fouetté,
D'inutiles amours et d'inutiles haines.
Car le but inflexible où tend son cours vermeil,
C'est ta splendeur sereine et pareille au sommeil
Des océans pensifs sur leur couche de grève.
Vers elle s'allanguit son flot capricieux,
Sentant descendre en soi le mirage des cieux,
Sitôt que ton image y passe dans un Rêve.