Quand le sang des héros, de la terre trempée,
Faisait jaillir des fleurs agréables aux Dieux,
J'eusse aimé, dans l'orgueil des combats radieux,
Tomber, en l'invoquant, sous la lame ou l'épée.
Vers ton front fait pour luire au seuil d'une épopée,
Nés de mon cœur viril grand ouvert sous les yeux,
Des lys eussent tendu leurs rameaux glorieux,
De mon souffle expirant t'eussent enveloppée !
Pourquoi le temps, qui met son ombre et son affront
Au grand Rêve passé, laisse-t-il donc ton front
Briller d'un tel éclat que ce rêve y renaisse ?
Et, rallumant en moi le désir mal dompté,
Laisse-t-il refleurir dans ta noble beauté
Des Dieux que j'ai servis l'immortelle jeunesse !