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1882

XIV

Armand SILVESTRE

Comme un souffle se lève aux rives de la plaine Que vient battre le flot argenté des matins, S'ouvrant à l'horizon de mes Rêves lointains, Une aile de parfums m'apporte ton haleine.

Et les enchantements dont toute aurore est pleine Se confondant en toi sur les cieux incertains, Ta Beauté resplendit sur les astres éteints, Comme au bûcher Troyen le fantôme d'Hélène.

O Déesse, apparais et, sous ton pied vainqueur Tressailleront encor les cendres de mon cœur Pareil à la cité pour Vénus consumée. Et le sang rajeuni de mes souvenirs morts

Empourprera la route où tu fuis sans remords L'inutile tourment de ceux qui t'ont aimée !

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