Comme un souffle se lève aux rives de la plaine
Que vient battre le flot argenté des matins,
S'ouvrant à l'horizon de mes Rêves lointains,
Une aile de parfums m'apporte ton haleine.
Et les enchantements dont toute aurore est pleine
Se confondant en toi sur les cieux incertains,
Ta Beauté resplendit sur les astres éteints,
Comme au bûcher Troyen le fantôme d'Hélène.
O Déesse, apparais et, sous ton pied vainqueur
Tressailleront encor les cendres de mon cœur
Pareil à la cité pour Vénus consumée.
Et le sang rajeuni de mes souvenirs morts
Empourprera la route où tu fuis sans remords
L'inutile tourment de ceux qui t'ont aimée !