Mon âme est comme un lac immobile et dont l'onde
Sous le fouet des vents n'exhale qu'un doux bruit,
Mystérieux, lointain, plaintif ; et, chaque nuit,
Une image descend dans son ombre profonde.
Comme l'astre d'argent qui, de sa flamme, inonde
L'eau calme où, dans l'azur, son front se double et luit,
Ton front pur et charmant, par mon rêve conduit,
S'y penche avec l'éclat majestueux d'un monde.
Le silence du soir emplit l'immensité ;
Un tel recueillement me vient de ta Beauté
Que j'y cède, vaincu par d'invincibles armes.
Mais qu'un frisson vivant passe dans mes cheveux
Le fantôme adoré se brise en mille feux
Dont le scintillement brille à travers mes larmes.