Vous m'avez, mon amour, contristé sans merci :
Les jours sont longs à ceux que l'attente consume
Et de qui l'ombre seule a connu le souci !
— Quand l'aube intérieure en leur âme s'allume,
Et que leur vision, dans l'azur obscurci,
Se dresse lentement comme un brouillard qui fume,
Des maux inconsolés oubliant l'amertume,
Ils ne regrettent plus d'avoir souffert ainsi ;
Ils savent que le bien de n'aimer que des songes
Est d'abolir l'affront des terrestres mensonges
Et d'asseoir son bonheur dans la sérénité.
— Vous m'avez, mon amour, sans merci contristé :
Les étoiles rêvaient sur le bord de la nue
Et j'étais à genoux : — vous n'êtes pas venue.