L'ombre clôt les chemins d'un mobile horizon
Que reculent mes pas sans en briser l'obstacle,
Enfermant dans la nuit, comme en un tabernacle,
Mon rêve qu'ont meurtri le jour et la raison.
Le jour et la raison sont cruels au miracle
De ta sainte promesse, âme sans trahison !
— Mais, pareil aux croyants assis dans le cénacle,
De l'amour éternel j'attends la floraison.
Quand l'aube aura brûlé, jusqu'au dernier, les voiles
Que dresse chaque nuit sur ses pas glorieux,
Je vous verrai, ma sœur, dans le chœur des étoiles
Et dans l'éclat sans fin du jour victorieux ;
Je vous rencontrerai, dans les cieux, la première,
Et nous nous aimerons longtemps dans la lumière !