Tu regrettes la plage où la mer se lamente
Et jusqu'à les pieds nus tend ses palmes d'argent.
Tu regrettes la plage et son grand ciel changeant
Que de ses pleurs salés flagelle la tourmente.
Tu regrettes la plage où l'immortelle amante,
Ariadne, dans l'air pleure encore en songeant.
Tu regrettes la plage où le sol indigent
Livre aux faulx du reflux sa moisson écumante.
L'amour a fait mon cœur large comme une mer
Dont le ciel est plus sombre et le flot plus amer.
Une plainte éternelle y murmure sans trêve,
Mais sans tourner vers moi ton front indifférent,
Ni distraire un seul jour, avec son bruit mourant,
Ton oreille attachée aux sanglots de la grève.