Quand la Mort me rendra son âme délivrée,
L'ombre viendra poser sur mes yeux endormis
La douceur des baisers que ma sœur m'a promis,
L'ombre qui peuplera l'immensité sacrée !
Gardiens de mon espoir et de la foi jurée
Au seul et triste amour que vous m'ayez permis,
Cieux vivants, dites-lui, qu'elle en soit déchirée,
Le mal que j'ai souffert d'un cœur ferme et soumis !
Quand la mort me rendra ton âme, ô ma Colombe,
Je ne souffrirai pas qu'aux roses d'une tombe
Refleurisse l'éclat mortel de ta beauté.
C'est dans l'oubli jaloux de ta splendeur cruelle
Que je veux à jamais, sereine volupté,
Boire tes longs parfums, ô fleur spirituelle !