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1870

VII

Armand SILVESTRE

Quand la Mort me rendra son âme délivrée, L'ombre viendra poser sur mes yeux endormis La douceur des baisers que ma sœur m'a promis, L'ombre qui peuplera l'immensité sacrée !

Gardiens de mon espoir et de la foi jurée Au seul et triste amour que vous m'ayez permis, Cieux vivants, dites-lui, qu'elle en soit déchirée, Le mal que j'ai souffert d'un cœur ferme et soumis !

Quand la mort me rendra ton âme, ô ma Colombe, Je ne souffrirai pas qu'aux roses d'une tombe Refleurisse l'éclat mortel de ta beauté. C'est dans l'oubli jaloux de ta splendeur cruelle

Que je veux à jamais, sereine volupté, Boire tes longs parfums, ô fleur spirituelle !

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VII · Armand SILVESTRE · Poetry Cove