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1870

VII

Armand SILVESTRE

Des souffles attiédis, sous les cieux taciturnes, Roulaient le fleuve errant des vivantes odeurs, Lointain enchantement des floraisons nocturnes, Du monde des parfums invisibles splendeurs !

J'en oubliai l'effroi de ces ombres moroses Que l'heure, à nos cerveaux, comme aux monts vient asseoir, Et j'admirai comment l'air pénétrant du soir Fait jusque sous nos fronts monter l'âme des roses.

J'avais maudit l'azur et ses illusions ; Mais sentant, réveillé des mornes visions, Respirer sous mes pas l'argile maternelle, Le désir me surprit de me mettre à genoux

Et d'adorer, perdu dans la nuit solennelle, Cette grande pitié de la Terre pour nous !

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VII · Armand SILVESTRE · Poetry Cove