Ceux-là qui meurtrissaient leur chair sous des cilices
Et sous l'âpre douleur des flagellations,
N'avaient que leur sang seul à verser aux calices
Où boit la lèvre en feu de nos tentations.
Pleins d'eux seuls, ils goûtaient les amères délices
D'assouvir sans remords d'augustes passions,
Et, de leur seule mort volontaires complices,
Mouraient sous la ferveur des adorations !
Leur supplice était doux et le mien m'épouvante,
S'il faut, qu'avant le temps, pour hâter notre amour,
Meure ton noble corps dans sa gloire vivante ;
Et je pleure, jaloux de ce bien sans retour,
— Inexorable loi faite à notre hyménée,—
Ta forme impérissable à périr condamnée !