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1882

VI

Armand SILVESTRE

Un mensonge du ciel rend pareille souvent La splendeur du couchant à celle d'une aurore, Si bien qu'un chant joyeux monte et s'envole encore Aux lèvres du pasteur à l'horizon rêvant :

Tel un mirage doux, charmeur et décevant Ramène à son éveil l'amour dont je t'adore, Si bien que, de mon cœur, comme au matin sonore, S'élève un chant d'espoir qu'emportera le vent.

Le déclin du soleil aux pourpres de la grève Sur son aile de feu n'emporte pas mon rêve. Si mon rêve eut une aube, il n'a pas de couchant. Mais j'en sais, comme lui, la douleur immortelle,

Et l'ancienne blessure à mon flanc s'ouvre telle, Qu'en vain, pour l'endormir, ma bouche tente un chant.

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