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1870

V

Armand SILVESTRE

Son être se disperse aux choses d'ici-bas, Comme aux buissons jaloux la blancheur de la laine ! Vents des cieux qui buvez, comme une coupe pleine, Le sang sacré des morts, après les longs combats,

Descendez, vents des cieux, et desséchez la plaine, Si l'herbe y garde encor le parfum de ses pas ! Si l'air tiède du soir garde encor son haleine, Descendez, vents des cieux, et ne le souffrez pas !

Et secouez du front des grands arbres pleins d'ombre Les mystères muets et les charmes sans nombre Qu'à tout ce qu'elle voit ont apportés ses yeux ! Doux gazons, bois géants, splendeur de la matière

Vous ne me prendrez pas son âme tout entière : — Dispersez-la plutôt, vents terribles des cieux !

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