Son être se disperse aux choses d'ici-bas,
Comme aux buissons jaloux la blancheur de la laine !
Vents des cieux qui buvez, comme une coupe pleine,
Le sang sacré des morts, après les longs combats,
Descendez, vents des cieux, et desséchez la plaine,
Si l'herbe y garde encor le parfum de ses pas !
Si l'air tiède du soir garde encor son haleine,
Descendez, vents des cieux, et ne le souffrez pas !
Et secouez du front des grands arbres pleins d'ombre
Les mystères muets et les charmes sans nombre
Qu'à tout ce qu'elle voit ont apportés ses yeux !
Doux gazons, bois géants, splendeur de la matière
Vous ne me prendrez pas son âme tout entière :
— Dispersez-la plutôt, vents terribles des cieux !