Comme un couple de cygnes blancs
Harmonieuses à décrire,
Sur deux visages dissemblants,
Elles ont le même sourire.
Le même regard dans leurs yeux
S'attendrit quelquefois ; mais l'une
Prit le sien au soleil joyeux,
L'autre à quelque rayon de lune ;
Et, bien que le même printemps
Effleure leur petite joue,
Voici déjà de longs instants
Que l'une rêve et l'autre joue.
Songes d'or et vives chansons,
Elles ont fait leur part entre elles :
L'une suit le vol des pinsons,
L'autre celui des tourterelles.
Mais leur cœur fraternel sait bien
Où se croise leur double voie ;
Un tendre et mystique lien
Unit ce calme à cette joie,
Et, sous le même enchantement
Que les fleurs discrètes des mousses,
S'épanouissent chastement
Leurs âmes jumelles et douces !