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1882

O GIUVENTA PRIMAVERA

Armand SILVESTRE

LE pied blanc de l'aube a laissé Des poussières d'argent sur l'herbe Et mis un pleur vite effacé Au cœur d'argent des lys superbes.

— O les beaux matins de printemps Où le soleil, dans les rosées, Allume des fleurs irisées De feux légers et palpitants !

Quand elle eut sur mon cœur joyeux Mis son pied, vivante lumière, Des larmes mouillèrent mes yeux Et mon cœur s'en fut en poussière.

— O les beaux matins de printemps, Où l'âme, aux fleurs appareillée, Des baisers de l'aube mouillée, S'emplit de rayons éclatants.

Le vent a séché sur les fleurs Ce duvet brillant d'eau céleste ; De celle qui causa mes pleurs, A peine un souvenir me reste.

— O les beaux matins de printemps ! Pour la nature et pour la vie, Votre douceur, trop tôt ravie, Ne dure que bien peu d'instants !

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