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1882

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Armand SILVESTRE

Je sais, du profond de mon être, Un coin plein d'immortelles fleurs, Oasis où nul ne pénètre Que le soleil et l'aube en pleurs.

Je sais un jardin plein de roses Au cœur comme le mien ouvert, Et qui, dans les hivers moroses, Gardent un printemps toujours vert.

Elles sont rouges, et leur sève Est comme un sang au mien pareil ; Leur parfum flotte avec mon rêve Dessus leur calice vermeil.

Sœurs vivantes de mes pensées, Je les retrouve en moi toujours, Toujours tremblantes et blessée Au souffle amer de mes amours.

Alentour de leur tige frêle Mes chansons viennent se poser Et les font vibrer sous leur aile Avec un bruit lent de baisers.

Que leur douceur me soit ravie, Et je meurs désespérément. Seule, leur ombre sur ma vie A penché quelque enchantement.

Mon cœur saigne quand on les cueille, — Saisi d'un caprice pervers, C'est pour toi que je les effeuille O toi pour qui j'écris ces vers !

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