Quand j'ai lu dans tes yeux trompeurs
Les mensonges de l'espérance,
Je vais le cœur plein de souffrance
Et plein de muettes peurs.
M'aimeras-tu jamais ? je doute.
Car, dans ta cruelle beauté,
Je ne sais quoi que je redoute
M'emplit de mon indignité.
Devant ta splendeur qui me brave,
Je ne sens plus en moi, vraiment,
Que la lâcheté de l'esclave
Et non la fierté de l'amant !
Je voudrais sur mon cœur qui saigne
Poser tes pieds nus et mourir
— Sans que nulle sache et me plaigne, —
Du mal que tu ne veux guérir.