Ce n'est pas en amant seulement que je t'aime.
C'est plus profondément et d'un cœur mieux navré.
Car ce qui me ravit dans ton être adoré,
C'est mieux que ta beauté divine, c'est toi-même ?
Ce n'est plus seulement l'âpre et rude désir
Qui m'enchaîne à tes pieds, ma belle souveraine ;
Une pensée en moi plus tendre et plus sereine
Réclame mieux de toi qu'une heure de plaisir.
Bien d'autres t'ont aimée, et mon amour en gronde,
Bien d'autres t'aimeront qui vont venir après.
Pour te garder à moi, chère âme, je voudrais
Mieux t'aimer à moi seul que le reste du monde !