Ta beauté m'a vaincu parce qu'elle est pareille
A celle que jadis adora l'art païen ;
Je cherche sur ton front le cep thessalien
Mariant aux bandeaux la pourpre de la treille.
A les bras où l'éclat de tant de lys sommeille
Mon rêve attache encor le péplum ancien ;
Je voudrais, pour parer ton front patricien,
Un lourd collier que ferme une pierre vermeille.
Comme autrefois Diane ou Vénus Astarté
Je permettrais que l'air baisât la nudité
De tes cuisses de neige à la blancheur insigne
Telle tu brillerais à la face des Cieux,
Et, sous tes pieds foulant des lapis précieux,
Je mêlerais ma lèvre au blanc duvet du cygne !