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1882

[no title]

Armand SILVESTRE

Je porte sur moi ton image Ainsi qu'autrefois le Roi Mage Portait les parfums précieux, L'encens, la myrrhe, la cinname

Et je sens brûler dans mon âme Le désir infini des cieux. Un rêve divin m'environne : Ta beauté sous mes yeux rayonne

Comme le seuil d'un Paradis. Devant elle mon genou plie Et, tremblant, en elle j'oublie Les jours malheureux et maudits.

C'est bien toi, c'est ta noble face, Tes yeux dont le regard efface Tout rayon et toute clarté ! C'est toi, ma lumière et ma vie,

La splendeur qu'avait poursuivie Mon rêve toujours indompté Salut, ô brune chevelure, Chères lèvres dont la brûlure

Descend jusqu'au fond de mon cœur, Poitrine auguste dont l'haleine Verse, comme une couple pleine, Dans ma gorge un poison vainqueur !

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