C'EST au temps de la chrysanthème
Qui fleurit au seuil des hivers
Que l'amour cruel dont je t'aime
En moi poussa des rameaux verts.
Il naquit, doux et solitaire,
A ces fleurs d'automne pareil
Qui, pour parer encor la terre
N'ont pas eu besoin de soleil.
Sans redouter les jours moroses
Qui font mourir les autres fleurs
Il durera plus que les roses
Aux douces mais frêles couleurs.
Et si, quelque jour, par caprice
Ton pied le foule, méprisé :
En même temps que son calice,
Tu sentiras mon cœur brisé.