Vous voir chaque jour, vous entendre
Et, plein de désirs insensés,
De votre pitié tout attendre ;
Est-ce assez ?
Effleurer seulement vos lèvres
De baisers furtifs et pressés ;
Vivre dans l'angoisse et les fièvres ;
Est-ce assez ?
Sentir se briser et renaître
Des espoirs que rien n'a lassés
Avoir un caprice pour maître ;
Est-ce assez ?
Consumer, comme une cinname,
Sur les chemins où vous passez,
Tous les purs encens de son âme ;
Est-ce assez ?
Ne plus vivre que dans le rêve
Où mon amour aux vols blessés
Sous vos pieds, tout sanglant, s'élève ;
Est-ce assez ?
Hélas ! puisqu'à vous, sans partage,
Mes moindres vœux sont adressés,
Si vous ne voulez davantage,
C'est assez !