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1882

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Armand SILVESTRE

La vie est comme une colline Dont l'aube éclaire le penchant, Prompte à gravir et qui s'incline Bientôt vers le soleil couchant.

Heureux celui qui, sur le faite, Peut écouter encore un jour La lointaine chanson de fête De la jeunesse et de l'amour.

Il lui faut bientôt redescendre Vers l'horizon bien vite atteint, Sans rêves et foulant la cendre Qui coule de son cœur éteint,

Il lui faut compter les années, Non plus par des jours éclatants, Mais par les heures pardonnées Qu'il doit à la pitié du temps.

Heureux qui, repu de caresses, A laissé, sous l'amour vainqueur. Saigner aux dents de ses maîtresses Le dernier lambeau de son cœur

Arbre sans sève dont l'écorce N'enferme plus qu'un trou béant, Il vieillit sans avoir la force De souffrir aux mains du néant !

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