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1870

Nessus

Armand SILVESTRE

Ô Vierge de Tempé le long du fleuve errante, Approche sans terreur et, sur mon flanc dompté, Assieds le doux fardeau de ton corps enchanté, Et je t'emporterai vers la plage vibrante.

Dans ma chaude crinière enfouis la clarté Et le frileux trésor de ta gorge tremblante, Et ton épaule nue, ô fille d'Astarté, Et je t'emporterai là-bas, sous l'ombre lente.

Là-bas où le guerrier taille au cœur des buissons Des flèches pour mon sein, des rameaux pour ta couche, Son ivresse et ma mort ! Mais que ta folle bouche M'effleure seulement, et, sous les doux gazons,

Je veux que par mon sang mon âme se révèle, Faisant naître pour toi quelque rose nouvelle.

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Nessus · Armand SILVESTRE · Poetry Cove