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1876

Le Réveil

Armand SILVESTRE

Comme une vierge au front vermeil Dans le jardin des cieux venue, L'Aube, ayant vaincu le sommeil, Cueille les fruits d'or de la nue.

Dans l'azur, immense verger Des constellations fécondes, Elle passe d'un pas léger, Laissant flotter ses tresses blondes.

Et les étoiles, tour à tour, Aux plis de sa robe jetées, Tombent, célestes fruits d'amour Dont nos âmes étaient tentées.

Déjà le dernier astre a lui, Sa main partout s'étant posée : Un peu de mon sang, avec lui, Reste aux doigts de l'Aube rosée.

La dernière goutte de sang Que me laissaient les maux sans trêves, Une main t'a prise, en passant, Au verger profond de mes rêves !

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Le Réveil · Armand SILVESTRE · Poetry Cove