La nuit chemine et, sur ses pas silencieux,
La poussière d'argent des astres s'est levée
Tout le long de la route éternelle des cieux :
— Vous gravirez ainsi la colline élevée
Où fleurit mon espoir comme un lis ténébreux,
Vierge au pas indolent que mon âme a rêvée,
Et, quand sur les sommets vous serez arrivée,
Des étoiles luiront sous vos pieds amoureux.
Car le jour m'a brûlé de feux que je recèle,
Pour garder à la nuit sa jalouse étincelle
Et porter à la Mort un baiser surhumain…
— Cependant qu'elle vit, ma douce bien-aimée,
Seuls vous baisez tout bas sa robe parfumée,
Grands bois agenouillés le long de son chemin !