La lèvre a bu le souffle à a lèvre des fleurs.
Lorsque tes yeux ont pris à 'Aube la lumière,
Sous l'Aube en feu ta lèvre a bu, parmi ses pleurs,
Leur grâce à peine ouverte et leur odeur première.
— Ta lèvre a bu le souffle à la lèvre des fleurs.
Et c'est pourquoi ton sein, gonflé de leur haleine,
Monte et s'épanouit dans la blancheur des lis,
Et toutes les splendeurs dont ta jeunesse est pleine
Exhalent les parfums longtemps ensevelis
Dans ton sein virginal gonflé de leur haleine.
Comme un ferment sacré qui tend vers les soleils,
Et jaloux de renaître en ta beauté profonde,
Ces germes odorants font tes charmes pareils
A l'épanouissement du printemps sur le monde.
— Tel un ferment sacré qui tend vers les soleils.
Et seules, du printemps éternel exilées,
Meurent les*tristes fleurs qui naissent de mon sang ;
Les fleurs, sur le sol nu par ton pied nu foulées,
Sans monter jusqu'à toi leur parfum languissant,
Les fleurs, les seules fleurs du printemps exilées !