Skip to content
1870

IV

Armand SILVESTRE

Sans cesse refoulé, sans cesse jaillissant, Aux flancs de la Matière entrouvrant des gerçures, Un flot profond et sourd perle, comme le sang Que filtrent lentement les vieilles meurtrissures.

C'est la source sacrée où, pas à pas, descend, Pour y boire en silence et laver ses blessures, Le troupeau des vivants saignant sous les morsures Dont le Temps, dur pasteur, les déchire en passant.

C'est la Vie inconnue, éternelle et profonde Dont vous vivez encore et fécondez le Monde, O frères que pleurait la pâle humanité ! Car, après l'agonie et les adieux suprêmes,

Ce qui reste de vous est plus grand que vous-mêmes, O Morts dont l'âme errante emplit l'immensité !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
IV · Armand SILVESTRE · Poetry Cove