Skip to content
1871

IV

Armand SILVESTRE

Souvent, — et j'en frémis, — quand sur ta lèvre infâme J'ai bu, dans un sanglot, d'amères voluptés, Alors qu'une détresse immense prend mon âme, O toi pour qui je meurs, tu dors à mes côtés !

L'ombre épaisse envahit tes sereines beautés Et jusque sous tes cils éteint tes yeux de flamme ; Ton souffle égal et lent fait comme un bruit de rame : — C'est ton rêve qui fuit vers des bords enchantés.

Repose sans remords, ô cruelle maîtresse ! Ignore dans mes bras les pleurs de ma caresse, Car tu n'es pas ma sœur, cœur à peine vivant ! Mais quand la nuit a clos tes paupières meurtries,

Quelle pitié des cieux pour les choses flétries Te rend, sous mes baisers, le sommeil d'un enfant ?

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
IV · Armand SILVESTRE · Poetry Cove