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1870

IV

Armand SILVESTRE

Si ton pied foule encor l'argile qui me pèse, Que ne suis-je moi-mime à l'argile rendu, Mort glacé sous tes pas et sous l'herbe étendu, Sein brûlé que le froid de son linceul apaise !

Que ne suis-je mêlé dans la cendre qui baise Les plis traînants du voile à ton front suspendu, Dans le monde vivant qui t'entoure perdu, Et de mes vains débris t'étreignant à mon aise !

Je deviendrais un peu de tout ce qui te sent, De tout ce qui te voit, de tout ce qui te touche : Fleur, je me sécherais aux chaleurs de ton sang, Ou, fruit, je me fondrais aux saveurs de ta bouche ;

Je serais une proie à tout ce que tu veux, Et je boirais dans l'air l'odeur de tes cheveux !

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