Si ton pied foule encor l'argile qui me pèse,
Que ne suis-je moi-mime à l'argile rendu,
Mort glacé sous tes pas et sous l'herbe étendu,
Sein brûlé que le froid de son linceul apaise !
Que ne suis-je mêlé dans la cendre qui baise
Les plis traînants du voile à ton front suspendu,
Dans le monde vivant qui t'entoure perdu,
Et de mes vains débris t'étreignant à mon aise !
Je deviendrais un peu de tout ce qui te sent,
De tout ce qui te voit, de tout ce qui te touche :
Fleur, je me sécherais aux chaleurs de ton sang,
Ou, fruit, je me fondrais aux saveurs de ta bouche ;
Je serais une proie à tout ce que tu veux,
Et je boirais dans l'air l'odeur de tes cheveux !