Tout vit encore en toi de ce qu'en toi j'aimais !
La Beauté d'autrefois tout entière demeure :
Mais, comme dans le rêve où sans trace, fuit l'heure,
Autrefois c'est hier — autrefois c'est jamais.
Tout ce qui fut ma vie étant mort désormais,
Pour me ressouvenir j'attendrai que je meure.
Jusque-là, puisque tout hormis t'aimer est leurre,
Content de ta pitié, je t'aime et me soumets.
C'est assez que, pareil au lévite du temple,
Tu souffres qu'à genoux je reste et te contemple
O lointaine clarté de mes jours radieux !
O toi qui restes seule et qui fus la première,
Dans mon ciel où tes yeux m'apprirent la lumière
Où ton front éclatant m'a révélé les Dieux !