Skip to content
1872

III

Armand SILVESTRE

Tel mon cœur, astre obscur que la chaleur déserte, Sentait, sous ses pieds nus, rayonner la fierté, Et d'un sang rajeuni la vermeille clarté, Sous ses ongles, monter à ma poitrine ouverte.

— Tel mon cœur, astre obscur que la chaleur déserte O torture divine, ô poids doux et sacré De son corps virginal en qui la mort nous tente ! Le rythme de mon souffle, à son pas mesuré,

S'éteignait au toucher de sa robe flottante. — O torture divine, ô poids doux et sacré ! Mais depuis combien d'ans est-elle donc passée ? Rien ne marque les temps le long de mon chemin :

C'est pour l'éternité que mon âme est blessée, Et tous les jours sont hier pour un tel lendemain ! — Mais depuis combien d'ans est-elle donc passée ? Je suis épouvanté de me sentir vivant !

Ma douleur a compté tant de siècles dans l'ombre Et tant de vains espoirs dans la plainte du vent ! Éternel est l'adieu qui fait ma route sombre. — Je suis épouvanté de me sentir vivant !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
III · Armand SILVESTRE · Poetry Cove