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1882

II

Armand SILVESTRE

J'adore ta Beauté pour ce qu'elle illumine Les airs, comme une aurore, et rayonne au soleil, Ainsi qu'au cœur d'un lys l'or clair d'une étamine. L'astre sacré qui monte à l'orient vermeil

Et disperse le jour aux choses prosternées Seul, sur ses pas de feu, verse un éclat pareil. Sur mon front où les fleurs du Rêve sont fanées, Comme un reflet des cieux il demeure allumé,

Seul vainqueur et vivant sous le vol des années. Sur le déclin des jours l'horizon s'est fermé ; La Mort sur mes espoirs a replié son aile ; Dans des néants d'amour mon cœur s'est abîmé,

Sans l'éteindre jamais, cette flamme éternelle Dont ta beauté profonde éclaire mon chemin. Mon guide vers les fins suprêmes est en elle ! Voilà pourquoi mon sort est resté dans ta main,

Douloureux et flottant au vent de tes pensées, Livrant à ta pitié l'espoir du lendemain. Voilà pourquoi sur moi les heures sont passées, Creusant ta chère image au profond de mon cœur,

Comme des gouttes d'eau sur les roches blessées. Des autres visions l'ombre a repris le chœur ; Les étoiles ainsi meurent dans l'étendue Sitôt que l'horizon s'ouvre au soleil vainqueur.

La lumière, avec Toi, sur mon front descendue L'a rempli comme l'aube emplit le firmament, Vers les lointains obscurs chassant l'ombre éperdue ! J'adore ta Beauté pour son rayonnement !

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