Je veux savoir l'amour permis au cénobite
Qui, sous des vœux sacrés, étreint fidèlement
Son cœur vierge de tout mortel attachement
Et qu'aucun souvenir de volupté n'habite ;
Quand le charme trompeur de son rêve l'invite
Au doux oubli de l'heure et de l'isolement,
Quand les cieux et les lis fraternels seulement
Boivent, comme un parfum, son âme de lévite !
Je veux savoir l'amour mélancolique et doux
Des austères amants qui n'aiment qu'à genoux,
Ignorant des baisers les douceurs infinies,
Comme les trahisons des espoirs décevants,
Et greffer sur mon cœur aux sèves rajeunies
La fleur, la pâle fleur de ces tombeaux vivants.