De ta face immortelle et de ton noble buste
Mes mains ont affronté les contours radieux,
Quand, fervent et tout plein de l'image des Dieux,
J'ai moulé sur ton corps leur souvenir auguste ;
Et, sous l'enchantement de ta beauté robuste,
J'ai touché de ma lèvre, ivre et fermant les yeux,
Ta lèvre aux feux sacrés, vase religieux
Où le sang de nos cœurs, comme un rubis, s'incruste.
Je ne tenterai plus l'inutile tourment
De ton amour, ô Femme, et je veux seulement,
Jaloux de ta splendeur, craintif du sacrilège,
Ceindre très-humblement, de mes bras prosternés,
Tes pieds, tes beaux pieds nus, frileux comme la neige
Et pareils à deux lys jusqu'au sol inclinés.