Refleuris sous mon front, ô fleur de volupté,
Fleur du rêve païen, fleur vivante et charnelle,
Corps féminin qu'aux jours de l'Olympe enchanté
Un cygne enveloppa des blancheurs de son aile.
L'amour des Cieux a fait chaste ta nudité :
Sous tes contours sacrés la fange maternelle
Revêt la dignité d'une chose éternelle
Et, pour vivre a jamais, s'enferme en la Beauté.
C'est toi l'impérissable, en ta splendeur altière,
Moule auguste où l'empreinte ennoblit la matière,
Où le marbre fait chair se façonne au baiser :
Car un Dieu, t'arrachant à la chaîne fragile
Des formes que la Mort ne cesse de briser,
A pétri dans tes flancs la gloire de l'argile !