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1871

I

Armand SILVESTRE

Refleuris sous mon front, ô fleur de volupté, Fleur du rêve païen, fleur vivante et charnelle, Corps féminin qu'aux jours de l'Olympe enchanté Un cygne enveloppa des blancheurs de son aile.

L'amour des Cieux a fait chaste ta nudité : Sous tes contours sacrés la fange maternelle Revêt la dignité d'une chose éternelle Et, pour vivre a jamais, s'enferme en la Beauté.

C'est toi l'impérissable, en ta splendeur altière, Moule auguste où l'empreinte ennoblit la matière, Où le marbre fait chair se façonne au baiser : Car un Dieu, t'arrachant à la chaîne fragile

Des formes que la Mort ne cesse de briser, A pétri dans tes flancs la gloire de l'argile !

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