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1882

I

Armand SILVESTRE

Ne crains plus rien d'un cœur qu'a trahi sa fierté : J'ai descendu la cime éclatante du Rêve. Pour m'apporter l'oubli l'ivresse fut trop brève : Mais si je me souviens, tout espoir m'a quitté.

Ne crains plus rien d'un cœur que les jours ont dompté. L'homme abjure ses vœux, le soldat rend son glaive. Puisque mon œil vers toi, sans prière, s'élève, A quoi bon me cacher plus longtemps ta beauté ?

C'est le devoir d'un Dieu de souffrir qu'on l'adore ! Il n'importe qu'à moi si je conserve encore La mémoire sans fin d'un amour sans remords. Car le temps seul a su combien tu fus aimée

Et confond dans mon cœur, urne à jamais fermée, La cendre de mes feux et celle de mes morts.

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