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1882

Épilogue

Armand SILVESTRE

NOUS nous disions : quand le printemps Ramènera dans son haleine La splendeur des lys éclatants Et l'allégresse de la plaine.

O printemps qui ne reviens pas ! Quand du bout d'azur de ton aile Tu réveilleras sur nos pas L'âme des choses fraternelles

Sous les bercements infinis Des feuillages que tu caresses, Quand, de la tendresse des nids L'écho doublera nos tendresses.

Quand passera sur notre front Le frisson de tes palmes vertes, Quand nos baisers s'embaumeront Au calice des fleurs ouvertes

Étant de ces cœurs que ravit Tout ce que ton éclat décore, Dans l'amour de tout ce qui vit, Nous nous aimerons mieux encore !

Nous nous mêlerons, radieux, A ta grande fête, ô notre hôte, Sentant en nous l'âme des Dieux Hélas ! à qui de nous la faute ?

Dans un souvenir sans remords Je compte les heures trop brèves. — Le printemps nait ! l'amour est mort. Ce que c'est que nos pauvres rêves !

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