Skip to content
1882

CHANSON D'HIVER

Armand SILVESTRE

DANS la forêt que l'hiver navre J'allais silencieux et seul ; La lèvre était comme un cadavre Où la neige jette un linceul.

Les dernières feuilles froissées Couraient sur le sol sans gazons Et, sur le deuil de mes pensées. Planait le deuil des horizons.

Les grands arbres jaunes de mousse Pleuraient sur les lis défleuris. La pitié des choses est douce A ceux que l'amour a meurtris.

Mon cœur est le bois morne et sombre Dont le vent broya les sommets ; C'est le mort aux yeux noyés d'ombre Qu'un voile recouvre à jamais.

Ah ! sous les larmes des vieux chênes, Je voudrais dormir à côté, Et, par les floraisons prochaines, Sentir mon cœur ressuscité !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
CHANSON D'HIVER · Armand SILVESTRE · Poetry Cove