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1876

Au Couchant

Armand SILVESTRE

N'étant plus qu'un brouillard vermeil, L'horizon dans la nuit recule : Je voudrais, comme le soleil, Mourir dans l'or d'un crépuscule !

Sentir l'universel émoi, Suivre au loin ma trace blanchie Et, d'une grande ombre, après moi, Laisser la terre rafraîchie ;

Descendre seul dans mon tombeau, Mais léguer mon âme à la nue Pour y rallumer le flambeau, De chaque étoile au ciel venue,

Emporter la vie et, pourtant, La laisser rayonner encore ; Donner au monde palpitant Le gage sacré d'une aurore ;

Sûr de remonter le chemin. Qu'a tracé ma course première, Garder en moi mon lendemain Fait de chaleur et de lumière !

Car l'âme des astres vermeils Dans mes veines en feu circule Et je veux, comme les soleils, Renaître dans un crépuscule !

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