JE chante aux doux croyants de la métempsycose :
Sous l'azur embrasé du ciel agrigentin,
Un cyclope géant s'est épris d'une rose.
— Je chante aux amoureux qui passent leur chemin :
Le cyclope, en pleurant, dit à sa bien-aimée :
« Laisse-moi respirer ton âme parfumée ! »
— Je chante aux malheureux des ingrates amours :
« J'aime, reprit la fleur, et j'aimerai toujours
« Le beau frelon qui dort au creux du chêne sombre ;
« Mais, pour te consoler d'un voyage lointain
« Sous l'azur embrasé du ciel agrigentin,
« Soyons amis. Je t'offre une place à mon ombre.
— Je chante aux jouvenceaux ignorants du souci ;
— Je chante aux malheureux des amours sans merci ;
— Je chante aux doux croyants de la métempsycose :
Une femme pensait au cœur de cette rose !