Skip to content
1893

[no title]

Albert SAMAIN

Fleurs suspectes, miroirs ténébreux, vices rares, Certes tu fréquentas maint rêve inquiétant ; Et, vin noir décanté dans des coupes bizarres, Tu bus à larges traits l'Artifice excitant.

Mais voici que déjà, las des vaines fanfares, Tu songes au profond silence où l'on s'entend ; Et tu cherches la côte où brillent les vieux phares, Et c'est la maison blanche aujourd'hui qui t'attend.

Va, ne t'attarde plus aux parades étranges. Si la vie a rentré quelque blé dans tes granges, Fais ton pain simplement dans la paix du Seigneur. Surtout, naïf badaud des enseignes de gloire,

Ne t'en va point chercher du clinquant à la foire Pour les beaux fils de ta joie et de ta douleur, Et rentre enfin dans la vérité de ton cœur.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
[no title] · Albert SAMAIN · Poetry Cove