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1900

[no title]

Albert SAMAIN

Une douceur splendide et sombre Flotte sous le ciel étoilé On dirait que là-haut, dans l'ombre Un paradis s'est écroulé.

Et c'est comme l'odeur ardente, L'odeur fiévreuse dans l'air noir, D'une chevelure d'amante Dénouée à travers le soir.

Tout l'espace languit de fièvres. Du fond des cœurs mystérieux S'en viennent mourir sur les lèvres Des mots qui font fermer les yeux.

Et de ma bouche où s'évapore Le parfum des bonheurs derniers, Et de mon cœur vibrant encore S'élèvent de vagues pitiés

Pour tous ceux-là qui, sur la terre, Par un tel soir tendant les bras, N'ont point dans leur cœur solitaire Un nom à sangloter tout bas.

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