Laisse la rue à ceux que leur âme importune.
Pour toi, respire ainsi qu'un trésor clandestin
Le lis de solitude à ton balcon hautain.
Et joue avec les blonds cheveux de la Fortune.
Tas d'affamés serrés à la table commune.
Laisse aux autres leur part hâtive du festin ;
Et que tes vers, secrets ainsi que ton destin,
Montent comme un jet d'eau de minuit vers la lune.
Au fond du sanctuaire écoute l'Art devin
Prophétiser ton âme, et vers l'Œuvre divin
Lève ton cœur ainsi qu'un ciboire d'or fin.
Pense, domine l'Age, et respire l'Espace.
N'espère pas ; l'Espoir est un oiseau rapace.
Vis, si tu peux, dans l'éternel l'heure qui passe.