Skip to content
1898

MNASYLE

Albert SAMAIN

Le troupeau maigre épars aux roches du rivage Broute le noir genièvre et la menthe sauvage… Au large la mer luit comme un métal ardent. Soudain le bouc lascif se dresse et, titubant,

Sur la chèvre efflanquée à l’échiné rugueuse Satisfait au soleil sa luxure fougueuse. Et Mnasyle, l’éphèbe en fleur de Scyoné, Aussi beau qu’une vierge et d’iris couronné,

De ses longs yeux d’or noir le regarde étonné ; Et, pris de langueur vague en l’exil de la grève, Laisse flotter sa main sur sa chair nue, et rêve…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
MNASYLE · Albert SAMAIN · Poetry Cove