Lourde pèse la nuit au bord du Nil obscur…
Cléopâtre, à genoux sous les astres qui brûlent,
Soudain pâle, écartant ses femmes qui reculent.
Déchire sa tunique en un grand geste impur,
Et dresse éperdument sur la haute terrasse
Son corps vierge, gonflé d'amour comme un fruit mûr.
Toute nue, elle vibre ! et, debout sous l'azur,
Se tord, couleuvre ardente, au vent tiède et vorace»
Elle veut, et ses yeux fauves dardent l'éclair,
Que le monde ait, ce soir, le parfum de sa chair…
O sombre fleur du sexe éparse en l'air nocturne !
Et le Sphynx, immobile aux sables de l'ennui.
Sent un feu pénétrer son granit taciturne ;
Et le désert immense a remué sous lui.