Le soir tombe ; la nuit millénaire descend…
Sur le temple écroulé pullulent les théâtres ;
Et les villes de feu, les villes idolâtres
Brûlent — rouges au loin — dans le soir saisissant.
L'or — soleil s'est couché dans un marais de sang ;
Et l'âme, sous son fard, suant des peurs verdâtres
Écoute au fond du ciel que contemplent les pâtres
Clouer dans l'ombre un grand cercueil retentissant.
Tous les puits sont taris où buvait la souffrance.
La terre, fatiguée, est lasse d'espérance
Et ne veut plus prier, tous ses dieux étant sourds.
La croix où pend Jésus sur la grève est déserte,
Et la mer qui s'en va, comme une épave inerte
Roule, vide à ses pieds, le cœur des anciens jours.