Skip to content
1893

I

Albert SAMAIN

Accoudée en silence aux créneaux de la tour, La Reine aux cheveux bleus serrés de bandelettes, Sous l'incantation trouble des cassolettes, Sent monter dans son cœur ta mer, immense Amour.

Immobile, sous ses paupières violettes Elle rêve, pâmée aux fuites des coussins ; Et les lourds colliers d'or soulevés par ses seins Racontent sa langueur et ses fièvres muettes.

Un adieu rose flotte au front des monuments. Le soir, velouté d'ombre, est plein d'enchantements ; Et cependant qu'au loin pleurent les crocodiles, La Reine aux doigts crispés, sanglotante d'aveux,

Frissonne de sentir, lascives et subtiles. Des mains qui dans le vent épuisent ses cheveux.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
I · Albert SAMAIN · Poetry Cove