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1893

GALSWINTE

Albert SAMAIN

Galswinte au crépuscule est assise et grelotte. Toujours ce ciel de fer et ces grands leudes roux ! Oh ! son beau pays d'or où tous les mois sont doux. Et, le front dans ses mains, secrète, elle sanglote.

A peine on l'entrevoit glisser, frêle et pâlotte, Dans le palais brutal où vit son rude époux. Seule, des jours entiers, elle prie à genoux Dans sa chambre où sans fin l'odeur des cierges flotte.

Les Barbares pour elle ont presque du mépris Et lente, et si lointaine au fond de ses yeux gris, Elle va, de pleurs froids en silence baignée. O toi, qui pour l'exil ainsi fus désignée,

Que de fois j'ai baisé ta face avec ferveur. Blanche morte étendue au plus doux de mon cœur. Vase mélancolique, ô Galswinte, ma sœur.

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